
LES MEULIERES DE VIGNAC - LES CHAUMES DE VIGNAC A CLAIX - ROULLET SAINT-ESTEPHE
Date : Lundi 27 octobre 2025 @ 10:50:10 :: Sujet : MOYEN AGE
LES MEULIERES DE CHAUMES DE VIGNAC
lE SITE ARCHEOLOGIQUE
Les meulières des Chaumes de Vignac et du plateau des meulières, s’étendent sur une vaste surface qui englobe un territoire s’étendant du hameau de Vignac, à celui des Baudries commune de Roullet, jusqu’à celui de Chez Verguin sur la commune de Claix. Ces carrières, qui s’étendent sur une surface d’environ 30 hectares, tout comme celles étudiées par le GRAHT sur la commune de Mouthiers sont parmi les plus riches pour leur passé et leurs vestiges répertoriées en France.
Une première mention de meulières à Claix et à Roullet apparaît dans les textes en 1306. Possessions de l’évêché d’Angoulême, le seigneur Alain Delisle et le prieur d’un établissement religieux des environs reconnaissent tenir chacun des carrières de leur suzerain, l’évêque de la cité Angoumoisine.
Ces meulières resteront propriété de l’évêché jusqu’au XVIIIe siècle, puis des seigneurs de Claix, les Calluau au XVIème siècle, puis ensuite les Boisson au XVIIème.
Orienté du nord au sud sur environ 20 hectares la carrière de meules, dévoilent de longs couloirs de gradins qui s’étirent sur tout ce territoire. Sur cette étendue immense surgirent des fouilles archéologiques menées par Alain Belmont en 2008, des dizaines de négatifs de meules, de multiples échecs d’extraction, des meules brisées, ainsi que des portions, quart ou moitié de meules, gisent encore de nos jours, abandonnées sur le site archéologique.
Les gradins s’élèvent tels des colonnes sur lesquels se superposaient les tailles de meules en cours d’exécution. Les premières meules extraites de la barrière calcaire mesuraient entre 70 et 80cm.
Les fronts de taille parfaitement structurés s’alignent tels des futs ouverts vers le ciel sur plusieurs mètres de hauteur. Ici était extraites les meules de l’époque médiévale avec des dimensions comprises entre 1,10m et 1,40m. Plus vers l’est du plateau, le diamètre des meules s’étire entre 1,56m, 1,64m à 1,68m. Les plus grandes atteignaient un diamètre compris entre 1,70 et 1,80m. Elles furent extraites dans des front de taille serpentiformes, rectangulaires dont certains atteignaient une cinquantaine de mètres. Ces meules étaient retirées sur un plan horizontal et sur plusieurs mètres de hauteurs, entre 3 à 8m de hauteur.
Des milliers de meules seront retirées de cette vaste meulière et seront exportées jusqu’à environ 100km de leur site d’extraction. L’exploitation du site se poursuivra plusieurs siècles durant et les conséquences de cette activité intensive fut telle que le paysage en sera à jamais bouleversé. Devenu une étendue quasi désertique, occupée par une végétation constituée d’arbustes, de fourrés, de broussailles et de pelouses sèches, le sol sera totalement dépouillé de ses bois, de ses bosquets et de ses cultures au profit d’une lande inculte devenue le royaume des meuliers.
Selon Alain Belmont, les meulières de Claix auraient été exploitées dès l’Antiquité ou le Haut Moyen-Âge. De ces meulières seront extraites des centaines de milliers de meules manuelles rotatives, des meules de moulins à grains monolithes ainsi que des demi-meules, pendant près de 2000 ans. L’aire de diffusion s’étendra à toute la région Poitou-Charentes.
PREPARATION DE LA ROCHE MEULIERE
Avant de commencer le travail de taille de la meule, le meulier choisissait avec soin le bloc dans lequel serait ensuite taillée la meule. Une fois ce choix opéré, il dessinait au compas les contours de celle-ci selon la commande et la dimension pour laquelle il devait tailler la roche.
Ainsi, il utilisait son compas à l’aide duquel il traçait sur la roche le profil de la meule, puis il détourait à l’aide de son burin et de son marteau la circonférence de cette dernière. Petit à petit et jusqu’à ce que l’épaisseur souhaitée soit atteinte, il poursuivait sans relâche ce travail de percussion.
Une fois achevée, il devait extraire la meule de son moule en introduisant dans les sillons de détourage des coins en bois ou en fer. Les coins en bois, généralement en sapin, étaient mouillés pour le faire gonfler ou dilater en épaisseur, ce qui provoquait l’éclatement et la séparation de la meule de son moule et ainsi provoquer son décollement ou détachement, du banc de roche.
Les meules sont d’abord dessinées grâce au compas puis “détourées” au burin dans le banc du rocher. On introduit dans les sillons de détourages des coins de fer ou de sapin sec. Ces derniers sont mouillés et en gonflant ils provoquent le détachement de la meule de la paroi.
Selon le professionnalisme des uns et des autres, ils œuvraient indépendamment à la future création. Les journaliers ou manœuvres dégageaient le futur bloc de sa croûte d’herbe et de terre. Ensuite le meulier préparait le bloc de roche et s’il était lui-même Maître Meulier il procédait à la taille de finition, à son extraction. C’est également eux qui assemblaient les meules lorsqu’elles étaient extraites en plusieurs quartiers.
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