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MOUTHIERS SUR BOËME - "LA MEULE" - "LES CHAUMES DES MEULIERES"
MOUTHIERS SUR BOËME - « LA MEULE » « LES CHAUMES DES MEULIERES » STUATION Cette carrière de meules se positionne l’Ouest de la commune de Mouthiers sur Boëme et à peu de distance de celle de Claix. Le site se trouve sur un plateau désertique installé à l’altitude de cent cinq mètres en dehors de toute agglomération. La végétation locale est constituée de bois et d’étendue herbeuse rase constituée de chênes-verts, de genévriers, de viornes et de moussis qui recouvrent une surface de près de deux hectares. Celui-ci est cerné au Sud par le hameau de « Les Chaumes », à l’Est par celui de « La Peireuse », au Nord par le village de « Chez Grenet » et à l’Est par la D103, le petit bourg de « Clérignac » et la voie ferrée Bordeaux-Paris. Orientée selon un axe Nord-Sud, tout comme les meulières des chaumes de Vignac, la carrière de « La Meule » dévoile de longs couloirs serpentiformes, environ une vingtaine, percés de fosses qui s’étirent sur une cinquantaine de mètres pour certaines, larges de 3 à 5m, et profonde de 3 à 8m de hauteur, dans lesquels sont taillées des meules en colonnes ou en gradins. Par endroits gisent des meules abandonnées, échecs d’extraction ou encore des fragments de quart ou moitié de roues qui reposent sur le sol. C’est en procédant à l’étude toponymique des noms de lieux-dits sur l’étude réalisée en 1964 par M. Roger Facon, que nous avons eu connaissance du hameau de La « Meule ». C’est la seule référence bibliographique que nous avons retrouvée et nous ignorons quels étaient ses possesseurs tout au long des siècles. Parvenu sur les lieux, nous avons immédiatement retrouvé dans la cour d’une habitation du village « Des Chaumes » une superbe meule, échec d’extraction qui montre un défaut, visible sur l’épaisseur de la roue, où l’on aperçoit une faille dans l’épaisseur de la roche. Le diamètre de cette meule est de 1,80m.
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LES MEULIERES DE LA «MEULE»
Devenu une étendue quasi désertique, occupée par une végétation constituée d’arbustes, de fourrés, de broussailles et de pelouses sèches, le sol est recouvert de bois, de bosquets et d’une lande inculte devenue le cimetière des meuliers. De nombreux échecs de meules jalonnent les sites d’extraction.
Description du Site et Classification de la Meulière
Comme à Claix, avant de commencer le travail de taille de la meule, les meuliers choisissaient avec soin le bloc dans lequel serait ensuite taillée la meule. Une fois ce choix opéré, il dessinait au compas les contours de celle-ci selon la commande et la dimension pour laquelle il devait tailler la roche. Ensuite il détourait à l’aide de son burin et de son marteau la circonférence de cette dernière.
Une fois le travail de percussion achevé, il tentait d’extraire la meule de son moule en introduisant dans les sillons de détourage des coins en bois ou en fer. La roue finissait par se détacher de la plaque rocheuse d’où elle avait été profiler.
Description du Site et Classification de la Meulière
A « La Meule », nous avons ainsi établi une classification qui est quasiment identique à celle des Chaumes de Vignac, et qui s’applique également à l’exploitation des meulières des Chaumes de Crage, à Saint-Marc et à la Petite Tourette à Angoulême, à Chateauneuf, à Mouthiers à la Croix Ronde sur le plateau de La Rochandry et enfin Magnac sur Touvre à Bussac. Notre classification correspond à celle que nous avons établi à Claix, à savoir :
Extraction simple sur roche isolée, en fosse,
Extraction en alignements peu élevés,
Extraction en paliers ou gradins de faibles hauteurs, (2 ou 3 hauteurs de meules),
Extraction en colonnes, tubes ou fuseaux de plusieurs mètres de haut,
Fronts de taille avec de longs et hauts couloirs rectangulaires parallèles,
Extraction en fosses, cuves ou poches, en plan de nids d’abeilles (fouilles archéologiques Alain Belmont en 2008),
Echecs de meules, négatifs et positifs en place,
Meules Trouées ou percées d’un œil
Quart, tiers ou moitié de meules.
Les meulières s’étirent sur une très grande surface, creusées de profondes excavations d’où étaient extraites une énorme quantité de meules et ou s’exerçait une intense activité artisanale. Le site des meulières compte une vingtaine de grandes fosses qui montrent d’importantes et profondes cicatrices sur les nombreux fronts de taille. Parmi ces vestiges se rencontrent à intervalles plus ou moins réguliers des meules abandonnées, témoins des échecs d’extraction.
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Les meules ont été extraites sur un plan horizontal et les unes au-dessus des autres, jusqu'à former des "tubes" ou colonnes comparables à celles des Chaumes de Vignac à Claix.
Le diamètre des roues varie entre 0,65m et 2,30m pour la plus grande. Ce qui laisse supposer une exploitation qui se serait prolongée du Moyen-Âge au XIXe siècle.
A compter du XVIIe siècle, l’exploitation de cette meulière était dévolue à Jean Parenteau qui était déjà le propriétaire des meulières de La Rochandry sur la commune et de Claix.
Extraction simple sur roche isolée, en fosse
Ces meules étaient généralement tracées sur des blocs de roche isolés et une fois débitées, elles étaient extraites à l’aide coins en bois ou en métal, glissées sous la base pour les décoller de leur alvéole. Celles que nous avons retrouvées sur le terrain ont été abandonnées en cours de taille ou au moment de l’extraction car les procédures de fabrication ou d’extraction ont montré des défaillances dans la qualité de la roche.
Extraction en alignements peu élevés
Généralement ce type d’extraction se remarque principalement comme de longue enfilade d’où furent creusées les meules les unes à la suite des autres. Plusieurs meuliers pouvaient ainsi travailler sans se gêner les uns, les autres.
Ce mode de fabrication montre une taille qui s’est exercée du haut vers le bas, sur une faible hauteur, permettant aux meuliers de produire à hauteur d’homme, environ deux à quatre meules les unes après les autres, prises au même endroit, dans la barrière rocheuse.
Extraction en paliers ou gradins de faibles hauteurs, de 2 ou 4 hauteurs de meules
Ce mode de taille des meules se rapproche de la précédente description, bien que le profil en alignement ne corresponde pas ici à la méthode employée. Nous sommes plutôt en présence d’une exploitation en poche de profondeur et de surface, qui ne respecte aucune concordance les unes avec les autres. Ce principe d’extraction semble désordonné comme si le choix du lieu de taille avait été choisi avec détachement sans autre option de décision.
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Extraction en Colonnes, Tubes ou Fuseaux de plusieurs mètres de haut
Le site des meulières renferme en certains points, des fosses impressionnantes qui possèdent une profondeur pouvant atteindre à certains endroits des hauteurs variant entre 5 à 8m. Comme à Claix, ces pans de falaise se dressent à une hauteur qui donne le vertige lorsque l’on se penche au bord de cet abîme. Ces colonnes vidées de leurs meules qui s’élèvent comme des fuseaux montrent l’empreinte négatives de roues au diamètre évoluant entre 1,50m et 2 mètres. Compte tenu des hauteurs des front de taille on peut supposer qu’une bonne dizaine de meules étaient extraites sur la hauteur de la barrière rocheuse, selon leur épaisseur. Ces bancs de taille s’étiraient sur plusieurs dizaines de mètres, fermés le plus souvent à l’une de ses extrémités.
Echecs de Meules, Négatifs et Positifs en Place
De nombreuses empreintes de négatifs d’extraction sont nettement visible tout au long de la carrière. Les échecs de meules qui se sont brisés lors du décollement ou qui ont montré des failles ou fêlures de la roche, jalonnent les fronts de tailles en de multiples endroits. Souvent abandonnées à proximité de leur lieu de tailles, ces meules gisent dans la pierraille de taille, entassée sur le côté.
Meules Trouées ou percées d’un œil ou œillard, abandonnées sur le site
Seules quelques meules laissées sur les sites d’exploitation possédaient au centre de leur surface un trou traversant l’épaisseur de la roue. Ce trou appelé œil ou encore œillard était percé au centre des meules. Cette perforation avait un double usage.
Lorsque les meules étaient extraites en bordure de falaise, les meuliers faisaient glisser à plat le long de la meulière, les meules, puis sur terrain plane, ils introduisaient dans cet axe un pieu rond qui permettait de faire rouler de champ la meule, pour la déplacer jusqu’à la charrette de transport. Dès que les meules arrivaient en bordure de piste carrossable, ils les mettaient sur un traîneau et les hissaient sur un char tiré par des bœufs ou des chevaux.
La meule tournante, servait également de goulet pour permettre le passage du produit à moudre.
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Quart ou moitié de meules
En divers endroits du site subsistent quelques fragments de meules, des quarts ou moitiés de meules qui étaient destinées à être vendu mais qui ont été abandonnées sur place car elles ont dû montrer des imperfections qui justifiaient leur abandon sur place.
En conclusion, nous dirons que ce site est une copie de l’exploitation des meules des « Chaumes de Vignac » à Claix où l’on retrouve les modes de taille équivalents. Il est probable que ces deux chantiers ont fonctionné simultanément dès le XVIIe siècle comme semble le prouver les dimensions des échecs de meules retrouvé sur le site. La production à grande échelle de la meulière de « La Meule » indique qu’un grand nombre de roues fut tiré de la carrière. Cette meulière à du fonctionner jusqu’à la fin du XIXe siècle, période où la concurrence avec les meulières du Périgord vert de « Saint-Crépin de Richemont » et de « La Rochebeaucourt » ainsi que celle des Deux-Sèvres à « Caunay » est devenue un facteur qui fit péricliter la production et le commerce des meules charentaises. Durant les siècles d’exploitation de cette meulière, ce sont environ plusieurs dizaines de milliers de meules qui sortirent du ventre de cette falaise rocheuse.
Ces meules monolithes à grains furent extraites du calcaire vacuolaire du Turonien moyen. Durant les siècles de production elles furent expédiées principalement en Saintonge et dans tout le département de la Charente où elles alimentèrent les moulins à eau et hydrauliques.
Sources Bibliographiques : Recherches Association GRAHT : Daniel Bernardin – Daniel Audoin – Jean-Yves Clavel – Marie-Cécile et François Paratte, Michelle Aillot, LARHRA – Alain Belmont – Tim Anderson – Nicolas Minvielle.
Quart ou moitié de meules
En divers endroits du site subsistent quelques fragments de meules, des quarts ou moitiés de meules qui étaient destinées à être vendu mais qui ont été abandonnées sur place car elles ont dû montrer des imperfections qui justifiaient leur abandon sur place.
En conclusion, nous dirons que ce site est une copie de l’exploitation des meules des « Chaumes de Vignac » à Claix où l’on retrouve les modes de taille équivalents. Il est probable que ces deux chantiers ont fonctionné simultanément dès le XVIIe siècle comme semble le prouver les dimensions des échecs de meules retrouvé sur le site. La production à grande échelle de la meulière de « La Meule » indique qu’un grand nombre de roues fut tiré de la carrière. Cette meulière à du fonctionner jusqu’à la fin du XIXe siècle, période où la concurrence avec les meulières du Périgord vert de « Saint-Crépin de Richemont » et de « La Rochebeaucourt » ainsi que celle des Deux-Sèvres à « Caunay » est devenue un facteur qui fit péricliter la production et le commerce des meules charentaises. Durant les siècles d’exploitation de cette meulière, ce sont environ plusieurs dizaines de milliers de meules qui sortirent du ventre de cette falaise rocheuse.
Ces meules monolithes à grains furent extraites du calcaire vacuolaire du Turonien moyen. Durant les siècles de production elles furent expédiées principalement en Saintonge et dans tout le département de la Charente où elles alimentèrent les moulins à eau et hydrauliques.
Sources Bibliographiques : Recherches Association GRAHT : Daniel Bernardin – Daniel Audoin – Jean-Yves Clavel – Marie-Cécile et François Paratte, Michelle Aillot, LARHRA – Alain Belmont – Tim Anderson – Nicolas Minvielle.
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